| Depuis la fin du XVIIè
siècle, l'histoire de Château ROUGET épouse celle
de Pomerol. Déjà connu à la fin de l'empire romain,
le terroir de cette appellation -petite par la taille (750 Ha) mais immense
par sa renommée mondiale- se confondait alors avec celui de Saint-Emilion
et de ses satellites
Le poète latino-bordelais Ausone empruntait
par exemple l'une ou l'autre des deux voies romaines qui traversaient
les actuelles terres de Pomerol pour se rendre à sa villa de
Lucaniac (dont rien ne prouve d'ailleurs qu'elle se trouvait à
l'emplacement de Château Ausone).
Les historiens de la vigne et du vin tiennent pour acquis
que les collines de Saint-Emilion étaient alors déjà
couvertes de vignes. Mais ils ne sont pas tous d'accord quant à
la présence de ces dernières sur les actuelles terres
de Pomerol. Les plus fiables, Henri Enjalbert en tête, pensent
plutôt que Pomerol tirerait son nom du latin "pomarius",
qui ne signifiait non pas pommeraie mais verger. D'après eux,
la vigne ne serait apparue à Pomerol, comme une extension nécessaire
de Saint-Emilion, que dix siècles plus tard, sur une décision
des Chevaliers et Frères Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem
; Mais ces mêmes historiens ne datent que du XIVè siècle
la renommée de Pomerol.
C'est à cette époque que la cuvée
"Speciosa Seposito" (littéralement "admirable
réserve"), destinée à honorer l'archevêque,
se révèle d'une qualité telle qu'elle s'attire
l'admiration des notables libournais puis bordelais et peu à
peu de tout le royaume. Les grands vins de Pomerol étaient vraiment
nés.
Château ROUGET
Château ROUGET, n'apparaît que vers 1700
dans les archives et au cadastre, où il s'étend, à
quelques centaines de mètres du clocher de Pomerol, entre le
plateau et le ruisseau de la Barbanne. ROUGET n'est pas le patronyme
de celui qui créa ce grand vin. D'après Bernard Ginestet
dans son guide des Pomerols, son nom est une déformation de "
Rougier ", vaste terroir qui englobait dans les temps anciens les
lieux-dits de Gay, Perruchot, la Veyète, Lavaud ainsi que l'ancien
bourg de Pomerol. On ne sait pas à quelle date précise
Rougier devient ROUGET et acquiert (presque) sa taille actuelle. En
revanche, ses propriétaires successifs étant parfaitement
connus, on peut suivre pas à pas l'existence du château
depuis plus de deux cents ans, ce qui en fait un des plus anciens crus
officiels de Pomerol.
Durant la presque totalité du XVIIIè siècle,
Château ROUGET est la propriété de la famille Bayonne.
Sous le Consulat puis le premier Empire, le maire de Pomerol n'est autre
que Pierre Bayonne, dernier représentant du nom. Quelques temps
après sa mort, survenue en 1804, sa veuve se remarie avec David
Fabre, qui devient par cette union propriétaire du domaine. Dans
son édition de 1868, le guide Cox et Ferret des vins de Bordeaux
(aujourd'hui Ferret tout court) présente ROUGET comme le cinquième
cru de l'appellation. En 1892, le neveu de David Fabre, Jacques Cabannes,
vend le château à M. Dupuy de la Grand'rive.
A cette même époque, un classement
certes officieux mais fiable des vins de Pomerol classe d'ailleurs ROUGET
parmi les cinq meilleurs crus de l'appellation.
Ce jugement flatteur tient sans doute de cette remarquable constance
qui veut que la plupart des propriétaires successifs de Château
ROUGET se montrèrent tout au long de ces deux siècles
hommes de grandes qualités, tant humaines que professionnelles.
La famille LABRUYERE, propriétaire de Château ROUGET depuis
1992 par son rachat au neveu de Marcel Bertrand, qui le possédait
lui-même depuis 1925, ne dépare pas, bien au contraire,
la lignée de ceux qui, au cours de ces deux derniers siècles,
firent ROUGET.
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L'Eglise de Pomerol vue du perron
du Château Rouget
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le Château Rouget au
petit matin
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Situation du vignoble de Pomerol
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Les raisins sont récoltés manuellement
en petites cagettes
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